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28 juin 2012

Légalisation de la marijuana : la décision de l'Uruguay sème la controverse

Type de publication : Articles

Le gouvernement de l’Uruguay a annoncé ce jeudi la « légalisation régulée et contrôlée » de la marijuana au sein du pays afin de combattre le délit. Selon le ministre uruguayen de la Défense nationale, M. Eleuterio Fernández Huidobro, l’interdiction de certaines drogues créerait actuellement en Uruguay plus de problèmes que les drogues elles-mêmes.

Préoccupés par la proposition uruguayenne de placer entre les mains de l’État la production et la commercialisation de la marijuana, les gouvernements latino-américains ont vite réagi à la nouvelle, qui n’avait préalablement jamais été communiquée par l’Uruguay dans les forums ou les réunions internationales sur le thème des drogues.

Le premier à s’exprimer sur la question fut le président du Guatemala, qui est également le premier chef d’État en exercice dans la région à se prononcer en faveur d’une légalisation de la production, de la commercialisation et de la consommation des drogues, M. Otto Pérez. « Mes félicitations au gouvernement de l’Uruguay pour cette décision », a affirmé Pérez, à la tête d’un pays également aux prises avec la violence générée par les cartels mexicains et les gangs armés d’Amérique centrale. « Chaque pays décide de sa voie pour combattre le narcotrafic et espérons qu’un jour la stratégie sera réalisée de façon conjointe », a-t-il ajouté.

D’un autre côté, le président de la Colombie, M. Juan Manuel Santos, a souligné le caractère « unilatéral » de la décision uruguayenne et a appelé les pays à opter pour une « approche commune ». Selon lui, le fait qu’un pays dépénalise la marijuana alors que d’autres pays la maintiennent illégale risque d’engendrer des distorsions et d’aggraver le problème. Le ministre vénézuélien de l’Intérieur, M. Tareck El Aissami a également remis en question la mesure, qu’il considère défensive plutôt que préventive, et a plaidé pour davantage d'investissements en matière de prévention.

En marge de la Conférence des Nations unies sur le développement durable (Rio+20) tenue à Rio de Janeiro au Brésil, le président uruguayen, M. José Mujica, a défendu sa décision en indiquant que « quelqu’un devait commencer en Amérique du Sud ». « Nous devons ouvrir la voie à une autre alternative, même si certains la considèrent audacieuse », a-t-il affirmé au quotidien brésilien O Globo. Celui-ci a fait savoir qu’il ferait prochainement connaître cette stratégie dans les forums de négociation internationaux, car le modèle de lutte actuel contre le narcotrafic serait inadéquat.

Bien que les détails du programme n’aient pas été entièrement définis, le projet se base sur les expériences de dépénalisation connues en Hollande, en Espagne, au Portugal et dans d’autres pays où la drogue fut partiellement légalisée.

JM

 

Sources :

« En Uruguay legalizarían mariguana con foros internacionales », Vanguardia/EFE, 22 juin 2012

Gallo, Daniel, « Inquietud por el plan de droga uruguayo », La Nacion, 22 juin 2012

Giuliano, Pablo, « Santos condena decisiones unilaterales sobre drogas », Ansa Latina, 21 juin 2012

« Marihuana en Uruguay : "No vamos a permitir el narcoturismo" », Clarin, 23 juin 2012

« Propuesta uruguaya de legalizar marihuana causa polémica en América Latina », Milenio/AFP, 21 juin 2012

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