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31 mai 2012

Le déminage de la frontière à nouveau dans l'agenda bilatéral entre le Chili et le Pérou

Type de publication : Articles

La frontière commune du Chili et du Pérou, parsemée de vestiges du régime militaire d’Augusto Pinochet, refait surface dans l’actualité à la suite de l’explosion d’une mine qui a couté la vie à un chauffeur de taxi péruvien dans la nuit de vendredi dernier. L’événement survient au moment même où les deux pays négocient les détails d’un accord bilatéral de déminage.

Le déminage par le Chili de la frontière commune a commencé en 2002, mais la tâche se poursuit. On estime que le gouvernement de Pinochet (1973-1990) aurait mis en place près de 180 000 mines en zones frontalières, non seulement avec le Pérou, mais également avec la Bolivie et l’Argentine.

En signant en 2002 la Convention d’Ottawa, qui interdit l'emploi, le stockage, la production, la mise au point, l'acquisition et le transfert des mines antipersonnel et qui exige leur destruction, qu'elles soient stockées ou enfouies dans le sol, le Chili s’est engagé à commencer le processus de déminage. Ainsi, près de 50 000 mines antipersonnel et antitank auraient été éliminées au cours des dix dernières années. À sa limite frontalière avec la Bolivie, la situation fut résolue en juin 2010 avec l’élimination de presque 23 000 artefacts explosifs. Le Chili est actuellement en train de finaliser un processus similaire dans la région de Magallanes, à la frontière partagée avec l’Argentine. Les dirigeants estiment que le pays devrait être libéré de ce fléau d’ici à 2020.

Malgré les avancées dans le domaine, les mines qui demeurent enfouies représentent encore une menace. En février dernier, la frontière Pérou-Chili avait dû être fermée lorsque de fortes pluies avaient déplacé une centaine de mines près des routes reliant les villes de Tacna (Pérou) et Arica (Chili). Des équipes de démineurs de l’armée s’étaient rapidement mis à la tâche de réaliser des explosions contrôlées pour sécuriser la région. Cependant, les évènements ont tôt fait de générer des frictions entre les deux pays, comme conséquence des protestations formelles exprimées par Lima dues au fait que des militaires chiliens auraient traversé la frontière durant les procédures de déminage.

Les récents évènements ont fait en sorte que le processus de déminage réapparaisse sur l’agenda bilatéral. Cette semaine, le ministre des Affaires étrangères du Pérou, M. Rafael Roncagliolo, a assuré que la présence du président Humala au sommet de l’Alliance du Pacifique, qui se réalisera au Chili les 6 et 7 juin prochain, serait conditionnelle à la conclusion d’un accord de déminage avec le Chili.

JM

 

Sources :

« Explota mina en frontera Perú – Chile », Periodismo Peru, 26 mai 2012

« La frontière Pérou-Chili minée et fermée », La Presse/AFP, 21 février 2012

« La olvidada frontera minada entre Perú y Chile », Terra/BBC Mundo, 27 mai 2012

« Perú pide a Chile acabar a la brevedad con el desminado en la frontera », El Comercio/AFP, 27 mai 2012

« Un muerto por estallido de mina en frontera Perú-Chile », Peru 21, 27 mai 2012

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