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2 février 2012

Des paysans centraméricains plaident pour la fin des conflits agraires dans la région

Type de publication : Articles

Lors d’une réunion conclue la semaine dernière à Tegucigalpa, au Honduras, des organisations paysannes, indigènes et d’afro-descendants d’Amérique centrale ont dénoncé la situation critique à laquelle ils sont quotidiennement exposés et ont exigé de leurs gouvernements qu’ils prennent les mesures nécessaires pour mettre fin aux conflits agraires qui ont mené à des centaines de décès dans la région.

Le conflit au Honduras ne date pas d’hier et prendrait ses sources dans les années 1960 et 1970 lorsque l’État a accordé des droits d’occupation foncière à des coopératives de paysans qui produisaient de l’huile de palme dédiée à l’exportation. Les politiques néolibérales et de modernisation de l’agriculture des années 1990 ont mis un terme à ces politiques de propriété collective des terres et ont ouvert le marché à l’acquisition de celles-ci. Plusieurs paysans ont perdu la propriété de leurs parcelles en échange d’une compensation dérisoire (environ 52 $ US pour 1,7 acre) et les terres cultivables se sont rapidement concentrées entre les mains de quelques grands propriétaires. Réclamant leur droit à la souveraineté alimentaire et à des conditions de vie décentes, un mouvement de paysans s’est par la suite formé pour occuper les terres revendiquées.

Les autorités paysannes réunies à Tegucigalpa lors de la réunion ont déclaré que la situation dans les campagnes était devenue critique en raison de l’intimidation, de la destruction des cultures et de la persécution judiciaire qu’ils subissent face aux forces de l’ordre et aux entreprises nationales et internationales qui tentent de les exproprier.

Les défenseurs des travailleurs agricoles se sont, à cette occasion, montrés solidaires avec les communautés de Bajo Aguán au Honduras et de la Valle del Polochic, au Guatemala, où les attaques systématiques contre les paysans sont chose courante. « Nous exigeons que les présidents Porfirio Lobo Sosa (Honduras) et Otto Pérez Molina (Guatemala) trouvent une solution immédiate aux conflits agraires et cessent d’être complices de cette répression », ont-ils affirmé.

Malgré les efforts menés par le gouvernement hondurien pour apaiser la violence sur son territoire, le pays afficherait encore aujourd’hui un taux de meurtres parmi les plus élevés du monde, avec 82 homicides par 100 000 habitants, selon l’Observatoire de la violence de l’Université nationale autonome.

JM

 

Sources :

« Campesinons denuncian repression en centroamerica », Ansa Latina, 26 janvier 2012

Graham, Ronan, « Honduras Govt Makes Deal to End Bajo Aguan Land Conflict », InSight, 9 septembre 2011

« Organizaciones campesinas de CA exigen solución a conflictos agrarios », La Tribuna, 25 janvier 2012

Shell, Aryeh, « The War Against Peasant Farmers Heats Up in Honduras », Upside Down World, 30 janvier 2012

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