Bandeau UL

Archives

15 novembre 2017

Venezuela : la situation économique alimente les craintes de défaut de paiement

Type de publication : Articles

Alors que la production pétrolière du Venezuela a atteint son plus bas niveau depuis 1989 en ne dépassant pas les deux millions de barils par jour en octobre, le pays sudaméricain peine de plus en plus à rassurer ses créanciers, qui craignent un défaut de paiement sur une dette obligataire s’élevant à quelque 60 milliards USD. L’agence de notation Standard and Poor’s a d’ores et déjà placé le pays en « défaut de paiement sélectif » pour n’avoir pas honoré 200 millions USD de paiements obligataires à l’intérieur d’une période de grâce de 30 jours. Ce défaut sélectif tient néanmoins compte de l’engagement formel pris par le Venezuela à poursuivre le règlement de sa dette. Pour autant, si le gouvernement vénézuélien a réaffirmé la volonté du pays de remplir ses obligations financières, l’agence a fait état d’une probabilité de 50 % qu’un nouveau défaut de paiement survienne à l’horizon des trois prochains mois. Du reste, la rencontre programmée le 13 novembre entre le gouvernement vénézuélien et un groupe de créanciers nationaux et internationaux n’a pas été de nature à rassurer les investisseurs, du fait de l’état critique des finances nationales et de la difficulté d’une restructuration opérable dans un contexte de sanctions économiques.

Le régime chaviste a dirigé ses critiques vers les agences de notation internationales pour leurs évaluations « injustes » de la situation financière du pays. De même, l’administration Maduro a réitéré ses récriminations relatives aux sanctions économiques imposées par les États-Unis, lesquelles limitent l’émission d’obligations vénézuéliennes auprès d’institutions américaines, compliquant ainsi toute tentative de restructuration. Le gouvernement s’est néanmoins dit déterminé à réorganiser sa dette avec d’autres partenaires importants, dont la Chine et la Russie. À cet égard, le Venezuela est déjà parvenu à conclure une restructuration de sa dette contractée auprès de la Russie, estimée à 3 milliards USD.

Si certains observateurs estiment qu’un défaut de paiement provisoire permettrait à l’administration Maduro de réorienter certaines ressources financières vers la provision d’aliments et de médicaments essentiels à une population dont les conditions de vie ne cessent de se détériorer, une telle manœuvre est aussi susceptible de placer le Venezuela à la merci de ses créanciers, ainsi que de « créanciers vautours » désireux de profiter de la situation précaire du pays. L’entreprise pétrolière étatique Petróleos de Venezuela et certains de ses lucratifs investissements à l’étranger pourraient alors faire l’objet de saisies légales, ce qui ne manquerait pas d’envenimer la situation de crise humanitaire et migratoire engendrée par la déroute économique du pays pétrolier.

ED

SOURCES :

« Russia and Venezuela have signed debt restructuring deal: official ». Agence Reuters, 15 novembre 2017

« Venezuelan Debt Now Has the Vultures Circling ». The New York Times, 14 novembre 2017

« Venezuela just defaulted, moving deeper into crisis ». CNN, 14 novembre 2017

« Venezuela says debt refinancing under way, S&P calls selective default ». Business Insider UK, 14 novembre 2017

« La producción de petróleo en Venezuela marca su mínimo en tres décadas ». Notimérica, 13 novembre 2017

Abonnez-vous

Pour tout savoir sur l'actualité des Amériques et sur les activités du CEI, entrez votre adresse courriel pour vous abonner à notre liste de diffusion.

Zone audio-vidéo

Vous pouvez visionner et écouter nos productions en format Podcast. Vous pouvez vous abonner ou les écouter sur iTunes.

Calendrier

  • CEI
  • Amériques

Suivez-nous

Suivez nos nouveautés sur notre page Facebook ou en vous abonnant à notre fil RSS. Utilisez les icônes ci-bas.

Nos partenaires

OPALC CRDIP OdA OEA

Conception et réalisation : Centre de services en TI et en pédagogie (CSTIP).
Tous droits réservés. © 2012 Université Laval