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17 novembre 2011

L'exploration pétrolière cubaine suscite la méfiance des Américains

Type de publication : Articles

D’ici la fin de l’année, une plate-forme pétrolière de fabrication chinoise atteindra les eaux cubaines afin d’entreprendre des travaux de forage en eaux profondes et très profondes dans le golfe du Mexique. De nombreuses compagnies pétrolières en provenance notamment du Canada, de la Chine, de l’Espagne, de l’Inde, de la Norvège, de la Russie, du Venezuela et du Vietnam ont démontré leur intérêt à louer les installations pour procéder aux explorations. En raison d’une loi qui empêche les compagnies américaines de conclure des associations commerciales avec l’île, les États-Unis sont absents de la liste.

La grande probabilité que Cuba découvre les énormes gisements de pétrole qui sont soupçonnés se trouver dans le sous-sol de ses eaux territoriales suscite des craintes aux yeux de l’administration américaine.

La première est de nature environnementale. La Maison-Blanche s’est en effet montrée préoccupée par le risque d’un éventuel déversement comme celui qui s’est produit dans les eaux du golfe il y a à peine quelques mois. Si un accident survenait, les courants marins répandraient le pétrole brut jusqu’aux plages de la Floride ce qui détruirait l’écosystème du Parc national des Everglades. Avec l’embargo en vigueur, ni les compagnies américaines, ni la garde côtière ne pourraient offrir son aide ou fournir l’équipement et les produits nécessaires pour faire face à ce type de désastre. Les autorités cubaines auraient recours à l’aide de pays comme le Brésil, le Royaume-Uni ou la Norvège, situés à des milliers de kilomètres de l’île. Selon Lee Hunt, cadre principal de l’Association internationale des entrepreneurs d’excavations pétrolières, le temps de réponse fourni en période de crise par ces pays constitue un obstacle puisqu’aucun d’entre eux ne pourrait réagir dans un délai comparable à celui des États-Unis.

Mais les préoccupations des États-Unis dans ce dossier semblent être davantage de nature politique. S’il se confirme que Cuba possède de grandes réserves de pétrole, l’île pourrait devenir financièrement indépendante pour la première fois depuis la révolution de 1959. Depuis plus d’un demi-siècle, le gouvernement castriste est dépendant de ses alliés idéologiques comme l’URSS et maintenant le Venezuela et la Chine en important quotidiennement près de 100 000 barils de pétrole.

Les États-Unis prennent donc les mesures nécessaires pour faire face à un tel projet. La compagnie espagnole Repsol, responsable de la gestion de la plate-forme pétrolière qui sera utilisée dans les eaux cubaines, a récemment autorisé une agence américaine à inspecter les installations, l’équipement et la documentation pertinente. Washington a également octroyé des licences à quelques compagnies pour entrer dans les eaux cubaines et apporter une aide en cas de déversement. Alors que les environnementalistes font pression pour une meilleure coopération entre les deux pays, le lobby cubano-américain cherche de son côté une façon de créer des obstacles légaux aux projets entrepris par La Havane.

JM

 

Sources :

« Cuba busca independencia energética; amplía capacidad de refinación de crudo », El Comercio/Ansa, 7 novembre 2011

« Expertos de EEUU inspeccionarán plataforma petrolera que va rumbo a Cuba », Univision noticias/AFP, 2 novembre 2011

Lago García, Carlos, « Cuba podría tener reservas millonarias de petróleo », Impre, 16 novembre 2011

Voss, Michael, « El proyecto petrolero de Cuba que le quita el sueño a EE.UU. », BBC Mundo, 15 novembre 2011

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