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10 novembre 2011

Nicolas Sarkozy qualifie l'Uruguay de paradis fiscal : les autorités uruguayennes s'en défendent

Type de publication : Articles

Le ministre uruguayen des Affaires étrangères, Luis Almagro, « indigné » par les propos tenus par le président français Nicolas Sarkozy vendredi dernier lors du sommet du Groupe des 20 (G-20), a appelé en consultation son ambassadeur en France et a demandé des explications au responsable des affaires françaises en Uruguay, Stéphane Toulet, à qui il a remis une note de protestation.

Ces actions font suite aux déclarations de Nicolas Sarkozy qui a affirmé qu’« Antigua-et-Barbuda, la Barbade, le Botswana, le Brunei, le Panama, les Seychelles, Trinité-et-Tobago, l’Uruguay et le Vanuatu n’avaient pas un cadre adapté aux échanges d’informations fiscales ». Le président français a ajouté que les pays demeurant des paradis fiscaux en raison du manque de transparence de leur système bancaire « seront écartés de la communauté internationale ».

L’ensemble du spectre politique uruguayen a critiqué les propos de M. Sarkozy tout comme leur président, José Mujica, qui les a qualifiés d’« inepties ». Le ministre uruguayen de l’Économie, Fernando Lorenzo, s’est dit « indigné » et « surpris » et a tenu à rappeler à M. Sarkozy qu’un accord de coopération relatif à l’échange d’information en matière fiscale entre l’Uruguay et la France a été signé en 2009.

Pour sa part, l’ambassadeur français en Uruguay, Jean-Christophe Potton, a déclaré que l’inclusion de l’Uruguay à la liste des paradis fiscaux par le G-20 résulte de l’analyse présentée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Il a ajouté que « les propos de M. Sarkozy n’étaient pas faits au nom de la France, mais plutôt au nom du G-20 ».

De son côté, le sous-ministre uruguayen des Affaires étrangères, Roberto Conde, considère que cela est « un incident diplomatique sérieux » et critique le président français qui n’a pas utilisé les voies diplomatiques appropriées pour exprimer son avis sur l’Uruguay. Il soupçonne par ailleurs l’Argentine et le Brésil, partenaires de l’Uruguay dans le cadre du Marché commun du Cône Sud (Mercosur) et membres du G-20, d’avoir fait pression afin que Sarkozy produise ce type de déclaration. Même si rien ne prouve ses soupçons, Conde croit que ces deux pays « utilisent » cette approche pour « inciter l’Uruguay à s’asseoir à la table des négociations ». D’ailleurs, à plus d’une occasion, l’Argentine a inclus l’Uruguay dans sa propre liste de paradis fiscaux, une catégorisation partagée par le Brésil pour certains secteurs de l’économie.

SD

 

Sources :

« Uruguay llama en consulta a su embajador en Francia por dichos de Sarkozy », El Espectador, 5 novembre 2011

« Uruguay convoca a su embajador en Francia », Clarín, 6 novembre 2011

« Embajador francés dice que amenaza de Sarkozy a Uruguay fue en nombre del G20 », abc, 7 novembre 2011

« Uruguay llamó a su embajador en Francia “indignado” por dichos de Sarkozy », EFE, 5 novembre 2011

« Francia responsabiliza a la OCDE de incluir a Uruguay como paraíso fiscal », El País (Uruguay), 7 novembre 2011

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