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24 mars 2011

L'Amérique latine réticente face aux opérations militaires en Libye

Type de publication : Articles

Les opérations militaires des forces de la coalition internationale en Libye, menées principalement par les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne, suscitent des réactions partagées au sein des gouvernements latino-américains. En effet, certains leaders dénoncent l’application de la résolution 1973 du Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU), autorisant le recours à « toutes les mesures nécessaires » pour protéger la population civile des attaques des forces kadhafistes.

Le Brésil s’est abstenu de voter pour la résolution 1973. D’après le Ministère des affaires étrangères du pays, « le gouvernement brésilien n'était pas convaincu du fait que l'usage de la force conduirait à la fin de la violence et à la protection des civils ». Du côté vénézuélien, le président Hugo Chavez a accusé l’ONU d’avoir violé un « principe fondamental » en appuyant l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye. Selon lui, Washington et ses alliés cherchent à s'emparer des ressources pétrolières du pays. Dans le même ordre d’idées, le président du Nicaragua, Daniel Ortega, a laissé entendre que la décision montre la « tyrannie » et la « dictature » du Conseil de sécurité, ce qui indique la nécessite de « démocratiser » l’ONU. Pour le président équatorien Rafael Correa, l'intervention internationale en Libye est « inacceptable » et l'Union des Nations sud-américaines (Unasur) devrait « statuer sur la crise au Moyen-Orient ». Aux yeux du président bolivien, Evo Morales, qui a suggéré qu’on retire le prix Nobel de la Paix à Barack Obama, le Conseil de sécurité devrait désormais s’appeler « Conseil d’insécurité », car l’intervention militaire signifie « plus de pertes de vies humaines et aucune sécurité pour les habitants ». Le président de l’Uruguay, José Mujica, a pour sa part souligné le contresens de la volonté « lamentable » de « sauver des vies à coup de bombes ». Aussi, les gouvernements de l’Argentine et du Paraguay estiment que des efforts diplomatiques devraient être davantage déployés pour régler la crise libyenne.

À l’inverse, les frappes militaires contre le gouvernement du colonel Kadhafi ont eu le fort soutien de la Colombie. Selon le président Juan Manuel Santos, « l’intervention militaire est logique puisque le colonel Kadhafi n'a pas respecté la résolution de l'ONU ». Le Chili, le Panama, le Honduras, le Pérou et le Mexique jugent également que la résolution 1973 témoigne de la détermination de la communauté internationale pour résoudre la crise libyenne, de sorte que les exigences légitimes de la société civile soient respectées. « On verra comme la situation va bientôt évoluer en faveur de la démocratie (...) », a déclaré le président péruvien Alan Garcia. 

FKB

 

Sources:

« América Latina, contra el ataque », El Universal, 23 mars 2011.

« El presidente de Ecuador tilda de inaceptable la operación militar en Libia », EFE, 21 mars 2011.

« La operación en Libia despierta más rechazo que simpatía en América Latina », EFE, 22 mars, 2011.

« Unasur no tocará tema de Libia », El Tiempo, 22 mars 2011.

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