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Articles et ouvrages scientifiques

3 octobre 2013

Pour rester concurrentiels, le Canada et les États-Unis doivent innover dans la gestion de leurs frontières

Type de publication : Autres documents

Alors que les regards sont tournés vers les négociations en vue d’un accord de libre-échange entre l’Union Européenne (UE) et le Canada, accord essentiel à la prospérité canadienne, il importe de ne pas perdre de vue la gestion de notre frontière commune avec notre voisin américain.  Une gestion frontalière efficace pourrait constituer un avantage concurrentiel de taille pour le Canada dans l’éventualité d’un accord de libre-échange entre l’UE et les États-Unis.  

En effet, la relation économique canado-américaine est essentielle à notre prospérité commune.  Diverses études fixent à 11 millions le nombre total d’emplois, de part et d’autre de la frontière, dépendant de la relation commerciale bilatérale Canada – États-Unis.  D’après les dernières données de l’Organisation mondiale du commerce, le Canada est la première destination des exportations américaines.  Pour leur part, les États-Unis absorbent plus de 70% des exportations canadiennes.  

Il y a deux ans, le Premier ministre Harper et le Président Obama annonçaient l’initiative « Par-delà la frontière » (Beyond the Border) ayant pour objectif un ensemble de mesures sécuritaires accrues notamment visant à faciliter le commerce.  D’aucuns évaluent que la frontière impose un coût supplémentaire se situant entre trois pourcent et 20% de la valeur de ce que nous échangeons, selon les catégories de biens et services échangés et la manière dont nous les échangeons. 

Il nous faut opérer un véritable changement des perspectives que nous entretenons sur la frontière et sur les entreprises qui sont affectées par sa gestion.  En premier lieu, la frontière est souvent perçue comme une démarcation physique séparant deux territoires.  Dans les faits, la frontière est certes physique (p.ex. infrastructures), mais ce sont aussi des processus (filtrage, inspection, etc.), la gestion des personnes (agents, voyageurs et autres) ainsi que la gestion de systèmes (drones, systèmes d’information, etc.).  Il est par ailleurs possible de repousser le concept de frontière jusqu’à la réglementation, la propriété intellectuelle ou même des rentes économiques.  Il en découle que la gestion des enjeux qui l’entourent est autrement plus complexe que la simple question du contrôle d’un point de passage.  

En second lieu, il est souvent de bon aloi de postuler que les entreprises concernées par les enjeux qui précèdent sont atomisées et contrôlent directement l’ensemble de leurs activités.  La réalité est tout autre.  Les entreprises œuvrent au sein de réseaux mondiaux complexes souvent difficiles à cartographier.  La résultante est qu’une réglementation anodine peut avoir un effet domino insoupçonné.  Par exemple, les changements d’apparence mineure en matière d’étiquetage des viandes canadiennes vendues aux États-Unis risquent d’engendrer un conflit commercial plus large.

Ainsi, nous avons historiquement pu compter sur des chaînes de valeur très intégrées pour sauver la mise lors de dérapages dans la gestion des frontières et de nos échanges au regard notamment, mais non exclusivement, de questions sécuritaires.  Or, la montée en puissance de la Chine et l’intérêt que l’UE porte à l’Amérique du Nord viennent changer la donne.  D’ores et déjà il devient de plus en plus difficile pour les entreprises canadiennes et américaines de demeurer concurrentielles.

Des frontières fluides, gérées de manière innovante permettront aux entreprises des deux côtés de la frontière canado-américaine de développer des relations d’affaires qui – au-delà de la valeur qu’elles engendreront pour celles-ci – créeront des emplois durables dans des secteurs de pointe.  Ainsi, nous pourrons conserver notre leadership dans des secteurs de pointe liés par exemple à l’aérospatiale, à l’automobile et à nombre d’autres secteurs.

 

  

Yan Cimon est professeur agrégé de stratégie à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval.  Il est directeur adjoint du CIRRELT (Québec), le Centre interuniversitaire de recherche sur les réseaux d’entreprise, la logistique et le transport et membre associé du CEI, le Centre d’études interaméricaines. 

 

 

 

 

 

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