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Actes de conférences et de colloques

26 novembre 2015

Compte-rendu de conférence (12/11/2015) – Haïti 2015 : le calme avant la tempête ou la normalisation du processus électoral?

Type de publication : Actes de conférences et de colloques


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C’est en tenant compte de l’actualité haïtienne, particulièrement de la complexité des processus électoraux qui y ont cours, que la conférence ayant pour thème « Haïti 2015 : le calme avant la tempête ou la normalisation du processus électoral? » a été organisée. Articulée autour des élections générales du 25 octobre 2015, cette conférence a été l’occasion pour les deux intervenants, soit le professeur François Gélineau et le doctorant Nicolas Falomir Lockhart, tous deux membres de la récente mission d’observation électorale de l’Organisation des États américains (OÉA) qui s’est rendu en Haïti, de partager leur expérience sur le terrain — ceci à titre personnel et non à titre d’observateur de l’OÉA. Plusieurs thématiques en lien avec les processus de démocratisation en Haïti, dont les grands enjeux et défis structurant les élections générales de 2015 ainsi que les principaux obstacles qui nuisent à l’institutionnalisation d’une « démocratie stable » dans le pays, y ont été abordées.

François Gélineau a centré son propos sur le thème de la culture politique et de l’instabilité électorale en Haïti. Selon lui, les « ingrédients de base de la démocratie » manquent à l’appel en Haïti. Il en veut pour preuve la précarité socioéconomique que connaît le pays, le faible niveau de scolarisation de la population, le manque de confiance envers les institutions ainsi que de la culture de méfiance interpersonnelle qui s’est progressivement imposée dans le pays. L’instabilité politique qui frappe le pays depuis plusieurs années serait, de son point de vue, le résultat de la conjonction de plusieurs facteurs, dont l’environnement socioéconomique et politique qui est peu propice au calme, l’instrumentalisation de la population par les partis politiques ainsi que l’absence d’une culture politique « fiable » — au sens notamment de la confiance de la population envers les institutions. C’est précisément ce manque de confiance envers les institutions qui favorise en partie l’institutionnalisation d’une culture « du tout ou rien », une sorte de jeu à somme nulle, où la victoire des uns est systématiquement contestée par les autres, et ce, parfois de façon informelle. D’ailleurs, précise-t-il, sur les sept candidats qui ont rejeté les résultats du scrutin du 25 octobre dernier, et qui ont exigé la mise en place d’une commission d’enquête indépendante pour évaluer les supposés cas de fraudes massives, seuls deux candidats (Maryse Narcisse et Vilaire Cluny Duroseau) ont produit une déclaration formelle dans laquelle ils contestent les résultats du scrutin. Finalement, M. Gélineau a conclu son propos en posant la question de savoir si les dénonciations faites par l’opposition locale, relativement aux multiples fraudes électorales qui auraient entaché le scrutin, étaient fondées ou si au contraire, elles constituaient une tentative de mobilisation des Haïtiens dans le but de remporter les élections « par la rue ».

La présentation du second intervenant, Nicolas Falomir Lockhart, a été centrée sur l’expérience qu’il a vécue dans un bureau de vote en Haïti. Il a respectivement abordé les questions liées à la sécurité lors des élections, au déroulement à proprement parler du scrutin ainsi qu’aux dénonciations de fraudes faites par l’opposition locale. De façon générale, tout en expliquant que les élections générales du 25 octobre dernier s’étaient déroulées dans un climat de paix, de sécurité et de sérénité, M. Falomir a indiqué qu’il y avait une forte mobilisation de la police nationale haïtienne autant dans les bureaux de vote qu’à l’entrée des centres de vote, une première dans l’histoire du pays, si l’on tient compte du fait que la fonction de sécurisation du processus électoral avait jusque-là été principalement assumée par les forces étrangères, notamment la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH).

En définitive, tout en s’abstenant de faire des pronostics quant à l’issue du second tour du scrutin (prévu le 27 décembre 2015), notamment en raison de la volatilité du système partisan, les deux intervenants s’entendent sur le fait que le processus électoral haïtien n’est pas à l’abri d’éventuels dérapages.

CBM

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