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Actes de conférences et de colloques

10 octobre 2014

Compte-rendu de table-ronde (2/10/2014) - Élections présidentielles brésiliennes 2014: la fin d'une ère?

Type de publication : Actes de conférences et de colloques

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À défaut d’une véritable surenchère politique de la part des principaux partis d’opposition au Brésil (le Parti socialiste brésilien (PSB) et le Parti de la social-démocratie brésilienne PSDB)), il est très probable que Dilma Rousseff, présidente sortante et candidate du Parti des travailleurs (PT), soit couronnée de succès à l’issue des élections présidentielles d’octobre 2014. Telle est l’idée générale qui ressort de la table-ronde organisée le 2 octobre 2014 par le Centre d’études interaméricaines (CEI) sous le thème « Élections présidentielles brésiliennes 2014 : la fin d’une ère? » et à laquelle ont pris part les professeurs Mathieu Turgeon (Université de Brasilia), Philippe Faucher (Université de Montréal) et Françoise Montambeault (Université de Montréal). Les différents enjeux et défis structurants la campagne électorale ont été abordés et une attention particulière a été accordée aux facteurs sociopolitiques et économiques susceptibles d’influencer le comportement des électeurs.

Le premier intervenant, Mathieu Turgeon, a démontré que ces élections présidentielles constituaient un «dur test pour le PT», qui doit composer avec une conjoncture difficile. En effet, la population revendique de meilleures conditions de vie et les faibles taux de croissance économique que le pays enregistre depuis 2011 suscitent une certaine grogne dans la population. À ces facteurs, il faut ajouter le dynamisme des principaux candidats de l’opposition, Marina Silva du PSB et Aécio Neves du PSDB, qui semblent déterminés à empêcher un quatrième mandat consécutif du PT à la tête de l’État brésilien. En dépit de cette conjoncture critique, il existe plusieurs facteurs qui permettent d’envisager sérieusement la réélection de la candidate du PT. Pour s’en convaincre, poursuit M. Turgeon, il suffit de penser à l’augmentation constante du salaire minimum au cours des dernières années, aux politiques sociales de plus en plus populaires, de même qu’à la baisse du taux de chômage et des inégalités sociales au Brésil depuis une dizaine d’années.

Quant au second intervenant (Philippe Faucher), il a centré son propos sur le thème de la croissance, qui est au cœur du débat électoral au Brésil. Tout en présentant les programmes des trois principaux candidats relativement à cette thématique, M. Faucher a procédé à une esquisse du processus d’institutionnalisation de la politique économique du Brésil depuis 1960. Il en ressort que plusieurs facteurs permettent d’expliquer les échecs du modèle brésilien de développement. Pour n’en citer que quelques-uns, qui expliquent particulièrement bien le ralentissement de l’économie depuis 2011, on évoquera la difficulté des gouvernements à appliquer de nouvelles réformes, la rigidité des politiques interventionnistes, le capitalisme d’État ainsi que la manipulation des marchés, ce qui aurait fait fuir plusieurs investisseurs. Tout comme le premier intervenant, M. Faucher a indiqué que les gouvernements du PT ont néanmoins réussi à stimuler la croissance dans une large mesure, notamment en soutenant des programmes de redistribution directe aux plus pauvres, en augmentant le salaire minimum et en encourageant les initiatives de développement local à travers l’octroi de crédits. Tous ces indicateurs font croire à M. Faucher que la candidate du PT pourrait être réélue par défaut.

Cette conclusion est largement partagée par Françoise Montambeault, qui s’intéresse particulièrement à la «réforme politique» en tant que véritable enjeu électoral au Brésil. Selon elle, les mobilisations populaires de juin 2013, à travers lesquelles la population a revendiqué de meilleures conditions de vie et de travail, ont eu pour effet immédiat de ramener au centre du débat la question de la réforme politique, laquelle occupait jusque-là une place négligeable dans l’agenda gouvernemental, et ce, en dépit des sollicitations de longue date de la population brésilienne. Si, dans la foulée des manifestations, la présidente Rousseff a proposé une série de recommandations associées à une éventuelle réforme politique, reste à préciser la procédure à travers laquelle celle-ci sera mise en œuvre. S’agira-t-il d’une procédure formelle (voie constitutionnelle) ou d’une procédure informelle (voie référendaire)? Cela demeure en suspend, conclut Mme Montambeault.

En définitive, les différents intervenants s’entendent sur la probable réélection de la présidente Rousseff, mais ils précisent néanmoins que cette réélection devrait se faire au second tour, qui se déroulera le 26 octobre 2014.

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