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2014 : Une année marquante pour l'Amérique latine

En 2014, l’Amérique latine vivra sans aucun doute une année intense sur le plan politique. Entre les différents scrutins présidentiels prévus dans sept pays de la région (Bolivie, Brésil, Colombie, Costa Rica, Panama, Salvador, Uruguay), les négociations de paix en Colombie et la Coupe du monde de soccer qui aura lieu au Brésil, la région connaîtra sans doute une année mémorable. Ainsi, le bon déroulement des rendez-vous électoraux constituera une preuve, s’il en faut, que les pays latino-américains ont jusqu’ici su consolider le retour à la démocratie entamé dans les années 1980 et 1990.

Une année électorale

Cette année, la vie démocratique de l’Amérique latine sera particulièrement rythmée par diverses élections présidentielles. Le 2 février prochain, le Costa Rica et le Salvador éliront leur président. Il s’agira pour les Costaricains de désigner le successeur de la présidente Laura Chinchilla au pouvoir depuis 2010 et qui ne peut pas briguer un deuxième mandat, conformément à la constitution. Le favori des sondages est l’actuel maire de San José, Johnny Araya, qui est le candidat du parti au pouvoir, le Parti de la libération nationale (PLN). Son élection serait historique, car il serait le troisième président consécutif à être issu d’un même parti, ce qui ne s’est pas produit depuis 1944. Au Salvador, Salvador Sánchez Cerén, candidat du parti au pouvoir, le Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN), tentera de succéder à l’actuel président, Mauricio Funes, qui occupe cette fonction depuis 2009. Ses principaux adversaires seront l’ancien président Antony Saca (2004-2009) et le candidat de l’Alliance républicaine nationaliste (ARENA), Norman Quijano. La lutte contre l’insécurité sera un enjeu majeur pour le prochain président, d’autant plus que le Salvador est l’un des pays les plus violents de la région. Le 4 mai, ce sont les Panaméens qui seront appelés aux urnes pour élire le successeur de Ricardo Martinelli, au pouvoir depuis 2009, et qui ne peut pas se représenter. Le candidat du parti Changement démocratique (CD), José Domingo Arias, est le favori de cette élection, devant l’actuel vice-président du pays, Juan Carlos Varela, candidat du Parti Populaire (PP) et Juan Carlos Navarro, candidat du Parti révolutionnaire démocratique (PRD).

L’Amérique du Sud connaitra elle aussi une intéressante année électorale. En Bolivie, l’élection présidentielle aura lieu en octobre et le président Evo Morales sera candidat à sa propre succession, après avoir été élu en 2006 puis en 2010. Le nombre de mandats consécutifs est limité à deux, mais en avril 2013, la Cour constitutionnelle a estimé que l’adoption de la nouvelle constitution en 2009 permettait au président Morales de briguer un nouveau mandat en 2014, car il s’agirait de sa première tentative de réélection depuis l’approbation de la nouvelle constitution. En Uruguay, José Mujica, au pouvoir depuis 2009, ne pourra pas se représenter au scrutin du 26 octobre prochain. L’ancien président Tabaré Vásquez (2005-2010) sera candidat à l’investiture du parti au pouvoir, le Front large (FL), qui se tiendra le 1er juin prochain. En plus de ces rendez-vous électoraux, l’actualité de l’Amérique latine sera également dominée par les négociations de paix en Colombie, de même que par la tenue de la Coupe du monde de soccer au Brésil.

Les yeux du monde rivés sur la Colombie et le Brésil

Pour la Colombie, 2014 pourrait être l’année de la paix après plus de 50 ans de conflit armé. Les négociations de paix entamées en 2012 et qui se poursuivent à La Havane entre le gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ont déjà donné lieu à deux accords. Cependant, la route vers la paix est encore longue et les élections législatives et présidentielles prévues respectivement le 9 mars et le 25 mai seront déterminantes. La signature d’un accord général de paix entre les deux parties assurerait sans doute la victoire au président Juan Manuel Santos, au pouvoir depuis 2010, et qui souhaite que l’éventuel accord soit ratifié par voie de référendum parallèlement au scrutin présidentiel. Cependant, si l’accord de paix n’est pas signé avant l’élection présidentielle, la réélection du président Santos pourrait prendre la forme d’un plébiscite en faveur de sa politique de dialogue avec les Farc. Il aurait ainsi les coudées franches pour continuer les négociations avec le mouvement marxiste au-delà du scrutin présidentiel afin de trouver une solution politique au plus vieux conflit armé de l’Amérique latine. 

Le Brésil, quant à lui, organisera la Coupe du monde de soccer du 12 juin au 13 juillet, ce qui constitue une première pour la région depuis 1986. Au-delà de l’enjeu sportif, cet événement revêt également un enjeu géopolitique important. Pour les autorités brésiliennes, la réussite de cette compétition sportive serait une illustration de la capacité du pays à organiser de grands événements internationaux, à l’image de la Chine, qui a organisé les Jeux olympiques d’été de 2008, et de l’Afrique du Sud, qui a accueilli la Coupe du monde de soccer de 2010. Le géant sud-américain souhaite tirer avantage du fait que le sport constitue une vitrine permettant une grande visibilité sur la scène internationale et il mettra tout en œuvre pour projeter l’image d’un pays puissant et attrayant. Toutefois, les dépenses engagées pour l’organisation de cet événement ont été l’objet de nombreuses critiques et rien ne garantit que les manifestations qui se sont déroulées l’été dernier ne referont pas surface d’ici le début de la compétition. Les protestataires s’insurgeaient notamment contre les immenses sommes consacrées à la Coupe du monde, alors que le Brésil – qui est l’un des pays les plus inégalitaires au monde – a un besoin criant d’investissements pour améliorer ses systèmes de transports publics, d’éducation et de santé. Ces différents problèmes de société demeurent au centre de l’actualité et il y a fort à parier qu’ils seront également au cœur de la prochaine campagne présidentielle, tout comme les revendications portant sur une plus grande fermeté dans la lutte contre la corruption. La présidente Dilma Rousseff, qui tentera de se faire réélire pour un second mandat le 5 octobre prochain, jouit encore d’une grande popularité, ce qui fait d’elle la favorite de ce scrutin. Pour l’instant, ses principaux adversaires sont le candidat du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB), Aécio Neves, et le candidat du Parti socialiste brésilien (PSB), Eduardo Campos.

En définitive, si l’année 2014 risque d’être animée sur le plan électoral, il sera particulièrement intéressant de suivre la question de l’élargissement du Marché commun du Sud (Mercosur) à la Bolivie. En effet, le pays andin a déposé sa demande d’adhésion en 2012, mais celle-ci doit être approuvée par les parlements des pays membres de l’organisation pour que la Bolivie en devienne membre de plein droit. Pour l’instant, seul le Venezuela a approuvé, en juillet 2013, le protocole d’adhésion de la Bolivie. Lorsqu’on considère les nombreuses années qui ont été nécessaires pour que l’adhésion du Venezuela à cette institution soit effective, il probable que cet enjeu demeure à l’ordre du jour de l’agenda sud-américain pour encore quelque temps. L’autre enjeu important concernant le Mercosur sera l’évolution des négociations portant sur l’accord de libre-échange que le bloc espère conclure avec l’Union européenne (UE). Le Brésil souhaite que cet accord soit conclu rapidement, mais les autres pays membres du Mercosur ne sont pas encore parvenus à s’entendre sur une position commune. Ainsi, il y a lieu de se demander si un accord multilatéral entre les deux blocs verra le jour ou si les pays sud-américains préfèreront plutôt entamer des négociations bilatérales avec l’UE.

Mamadou Lamine Sarr – Candidat au doctorat en science politique et auxiliaire de recherche au Centre d’études interaméricaines 

 

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